Si je vous parle d’un peuple rassemblé par un prophète, qui le désigna comme élu de Dieu, lui enseigna une loi divine et, profitant de l’effondrement d’un ancien empire, le conduisit hors du désert à la conquête de terres fertiles sur lesquelles il imposa sa domination durant des siècles, avant d’être à son tour dominé successivement par différentes puissances étrangères contre lesquelles il développa un si grand complexe et un si fort ressentiment qu’il s’adonna largement au terrorisme, dans un grand choc des civilisations, vous penserez que je parle de l’islam, de ses rapports avec ses anciens colons européens et les nouveaux maîtres américains ? Je parle pourtant des Juifs de l’Antiquité, de leurs rapports avec les Grecs et les Romains.

Si je vous raconte l’histoire de vieilles nations souveraines qui, en dépit d’un socle culturel commun, en vinrent à se faire les plus horribles des guerres ; qui, épuisées par les combats et les massacres, cernées par des superpuissances à l’Ouest et à l’Est, décidèrent de s’unir en confédération pour peser dans l’ordre du monde, et garantir entre elles la paix et la prospérité par des institutions et une monnaie commune, croirez-vous qu’il s’agit de l’Europe ? J’avais en tête les cités grecques, il y a plus de vingt siècles.

Si j’évoque un peuple qui rejeta le joug d’un roi, constitua une république sacralisant la liberté du citoyen, et développa un modèle politique, économique et social si efficace qu’après deux siècles de croissance, cette nation fut capable d’imposer son hégémonie globale en un siècle, saurez-vous décider si je parle des Etats-Unis d’Amérique… ou de l’antique Rome ?

Et si, plus encore, je vous dis que ces trois civilisations antiques (ainsi qu’une quatrième) entretinrent entre elles les mêmes rapports que leurs homologues modernes, et que toute l’histoire de ces mille cinq cent dernières années répète un schéma historique ayant marqué l’histoire antique, ne songerez-vous pas que ce lointain passé a quelque chose à nous enseigner sur notre proche avenir ?

C’est ce que j’ai fait, et durant plusieurs années, j’ai exploré, identifié, mesuré ces similitudes, recherché les schémas, déterminé les trajectoires, jusqu’à être en mesure de brosser la grande fresque de l’histoire du siècle à venir, et des deux mille ans à suivre.

Dans mon nouveau livre, Histoire du Siècle à venir, Où va le monde selon les cycles des civilisations ? vous pourrez découvrir ces similitudes du passé, mes efforts pour expliquer ces répétitions fondamentales, ainsi que mes conclusions sur ce que nous réserve le futur. Et vous comprendrez bien mieux, dès lors, ce que je raconte sur ce blog, et ce que j’appelle « l’historionomie ».

Si vous souhaitez acheter le livre, voir les liens ci-contre à droite.

Pour parfaire la présentation, voici le texte de la quatrième de couverture :

« L’hégémonie américaine est-elle sur le déclin, ou son emprise va-t-elle s’accroître ? Quelle place dans le monde de demain pour l’Europe, la Russie, la Chine, le monde musulman ? Quelles mutations vont connaître les grandes religions ? Le monde sera-t-il englouti par l’islam radical ?

La plupart de nos contemporains se posent ces questions. Certains se demandent à quoi ressemblera le monde dans cent, cinq cent, mille ans ?

Philippe Fabry tente de répondre. Avec audace, mais non sans méthode : par une comparaison sys- tématique de l’histoire des plus grandes civilisations antiques et modernes, il a cherché à découvrir des cycles historiques de très longue durée. Dans la lignée des grands théoriciens de l’Histoire tel Arnold Joseph Toynbee, l’auteur, voyageant jusqu’aux temps bibliques et héroïques grecs, établit un parallèle entre la Grèce antique des cités rivales puis de la Ligue achéenne et l’Europe moderne des nations ennemies puis de l’Union Européenne. Il compare la fulgurante ascension de la République romaine puis sa mutation impériale et le destin de l’Amérique ; la difficile coexistence du judaïsme mosaïque avec les sociétés païennes hellénistiques, et celle de l’islam avec le multiculturalisme occidental. Il montre ainsi l’existence de schémas historiques spécifiques articulés entre eux pour former non seulement le tableau de notre passé, mais aussi, pour qui sait les interpréter, dessiner la carte de notre futur. Et c’est armé de ces embryonnaires mais prometteuses « lois de l’Histoire» que Philippe Fabry décrypte l’état du monde actuel et dégage les lignes de forces de l’histoire du siècle à venir.

L’auteur est amené, par l’originalité de sa méthode, à des anticipations surprenantes et souvent à contre-courant des analyses actuelles, mais étayées par des modèles historiques solides. Il brosse à grands traits les contours politiques, géopolitiques, économiques, sociaux et religieux des pro- chaines décennies et envisage, sur le même modèle, les développements des millénaires suivants. »

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