Je n'avais pas spécialement envie d'écrire sur le sujet, et ce billet sera donc très court, mais il me semble nécessaire de réagir brièvement à ce qu'il vient de se passer en Corse, à savoir une véritable expédition punitive spontanée d'une partie de la population locale en réaction à une agression des pompiers au cours d'une véritable embuscade.

Il va sans dire que je ne suis pas surpris par ces événements. C'est une conséquence logique de l'évolution générale de la situation, une première qui ne sera certainement pas une dernière. Fort heureusement, l'incident n'a fait aucune victime, mais d'ores et déjà des innocents ont été terrorisés par une expédition punitive qui, faute de trouver les coupables exacts, s'est défoulée sur leur communauté d'origine.

Il n'est pas surprenant que ce premier exemple, encore très léger dans ses conséquences, de pogrom ait eu lieu en Corse : c'est l'un des territoires de France, et probablement d'Europe, où l'identité locale est la plus forte et dont les réactions à une présence exogène sont traditionnellement virulentes. Mais il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux et la presse dite "patriote" pour constater que l'événement est perçu comme un exemple à suivre.

Ce genre d'événement, donc, se multipliera vraisemblablement dans les mois et les années à venir. C'est une tendance qui était annoncée. En voici le premier exemple. Ce seront les conséquences d'une gestion politique désastreuse de problèmes de délinquance et de constitution de zones de non-droit, mais comme d'habitude, ce ne sont pas les responsables du pourrissement de cette situation qui auront à souffrir principalement de ces réactions populaires, mais des gens qui n'y sont pour rien et ont pour tort essentiel de vivre au même endroit et d'avoir des origines similaires à ceux qui planifient et perpètrent une agression comme celle dont les pompiers ont été victimes.